Le Grand Tour de Suisse : la Route 66 d’Europe

Ce qui compte, pour les motards, c’est le chemin, pas la destination. Le sage chinois Confucius l’avait déjà compris, et quiconque a déjà « fait » la route circulaire en Islande ou la Route 66 aux USA ne pourra que le confirmer. Aujourd’hui, le pays alpin le plus cher à nos cœurs (et à nos portefeuilles) a lui aussi son road trip emblématique : le Grand Tour de Suisse. Cette véritable chevauchée fantastique qui vous emmènera par monts et par vaux possède depuis l’an dernier ses propres panneaux de signalisation, abondants en dépit des quelque 1 600 km que le circuit déploie sous nos roues. Mieux vaut donc ne pas ranger votre appareil photo tout au fond de votre sacoche, car vous pouvez d’ores et déjà vous apprêter à immortaliser les plus beaux paysages !

Si vous ne savez par où commencer, le site web de Suisse Tourisme vous donne un coup de pouce : il reprend quantité d’informations sur cet itinéraire de rêve, depuis une carte générale très pratique jusqu’à un véritable tour virtuel qui inclut une description sommaire de chaque étape quotidienne, en passant par un magazine électronique inspirant. Prévoyez au minimum une semaine pour parcourir les 1 643 km du circuit et leurs 45 « incontournables », dont 2 biosphères, 5 cols alpins, 12 sites classés par l’Unesco et 22 lacs. Avec toutes les pauses photo et les visites, il nous a même fallu 9 journées bien remplies pour le boucler. Et si l’on y ajoute les 2 jours nécessaires à l’aller-retour, il faut bien compter deux petites semaines pour faire le tout à son aise.

Ce fabuleux itinéraire n’est pas bon marché, mais un tour d’Islande ou une virée aux USA ne le sont pas non plus. À chaque fois que vous sortirez votre portefeuille, vous aurez du mal à croire qu’un des pays les plus prospères du monde ait jadis été le traîne-misère de l’Europe – et la solidité du franc suisse n’arrange pas vraiment les choses pour les touristes – mais la beauté n’a pas de prix. En échange cependant, vous aurez droit à la qualité suisse éprouvée, que ce soit sous la forme d’une chambre avec vue imprenable  ou de transports publics gratuits dans de nombreuses villes. Dans l’assiette aussi, vous en aurez pour votre argent : la cuisine suisse est traditionnellement roborative, et la célèbre raclette accompagnée d’un verre de Fendant fruité n’a rien d’exorbitant.

L’été dernier, la qualité du réseau routier a littéralement ravi notre Versys 1000 Grand Tourer. Que les intempéries créent le moindre nid-de-poule, celui-ci est aussitôt réparé… Revers de la médaille, ces travaux provoquent des embouteillages occasionnels, que l’on retrouvera aussi sur les voies d’accès aux villes. Même la Suisse n’échappe pas aux bouchons, mais malgré tout, rouler à moto y reste sensationnel, surtout quand l’asphalte déroule ses courbes pour offrir des sensations incomparables. Par beau temps malheureusement, vous ne serez pas seul : mieux vaudra donc adopter une conduite défensive lorsque vous attaquerez, avec armes et bagages, les virages en épingles à cheveux qui mènent au sommet. Même si le trafic montant a la priorité, un car de touristes peut toujours débouler plus vite qu’on ne le souhaiterait.

En principe, vous pouvez prendre le départ du Grand Tour où vous le voulez. Bâle n’est pas vraiment l’endroit le plus spectaculaire, mais elle s’y prête tout particulièrement après une petite journée de voyage depuis la Belgique. La Suisse ne se résume pas à ses montagnes, c’est le moins que l’on puisse dire après avoir découvert sa capitale culturelle, qui compte pas moins de 40 musées. Pour notre part, nous nous sommes contentés d’une promenade sur les bords du Rhin dans la moiteur du soir, qui nous a menés par des ruelles tranquilles jusque sous l’ombre d’un châtaigner pour un dîner aux chandelles aussi savoureux qu’onéreux.

La route de Bâle à Neuchâtel est une mise en bouche idéale pour se mettre dans le rythme de la randonnée. Elle nous emmène à travers le vieux massif karstique du Jura, qui déploie ses plus beaux atours au-dessus du Creux-du-Van, un cirque rocheux naturel dont les parois verticales forment un à-pic d’au moins 200 mètres.

À partir de Neuchâtel, plus grand lac de Suisse, les choses vont crescendo. Dans la deuxième étape, des villes fortifiées telles que Morat, Fribourg et Gruyères cèdent rapidement la place aux chalets de bois des villages typiques de l’Oberland bernois. La journée se termine à Grindelwald, bourg touristique posé au pied de quatre sommets de plus de 4 000 mètres.

Le lendemain matin, vous avez la possibilité d’emprunter le train à crémaillère qui vous déposera sur le Jungfraujoch, surnommé le « Top of Europe ». Même par temps maussade, ce train qui traverse la roche de l’Eiger est bondé : Chinois, Japonais, Pakistanais et une poignée d’Européens se marchent sur les pieds dans la gare ferroviaire la plus haute d’Europe. Si vous avez le temps (et les moyens), vous pourrez découvrir sur la terrasse extérieure un paysage hivernal en plein été. Mais comme tout ce qui monte doit redescendre, l’étape se poursuit encore un peu en passant par Interlaken et le Lac de Brienz aux eaux émeraude.

Les 180 km suivants vous entraînent du merveilleux village de Brienz, spécialisé dans la sculpture sur bois, jusqu’à la sympathique ville de Lucerne, en passant par le musée à ciel ouvert de Ballenberg (qui est un peu le Bokrijk helvétique). Le haut plateau de Suisse centrale est le plus peuplé, comme on le constate à l’approche de cette ville dynamique. Mais la vue de carte postale qu’offre le pont couvert en bois qui enjambe la Reuss fournit une ample compensation.

C’est encore mieux le lendemain, sur les rives du Lac des Quatre-Cantons. Le paysage s’y fait presque méridional, en contraste flagrant avec la terne campagne qui entoure Zurich et Winterthour. C’est précisément lorsque le voyageur semble se résigner à son sort que le paysage reprend des couleurs. Les collines du canton de Schaffhouse, le plus septentrional de Suisse, jouxtent au sud-ouest la plaine fertile de Klettgau que le Rhin arrosait autrefois. Une région étonnamment belle, où les gosiers assoiffés apprécieront le Blauburgunder, le cru local. Nous n’y manquerons pas lors de notre halte dans le village de Trasadingen, où nous dormirons même dans… un foudre !

Le trajet Trasadingen-Guarda, à l’extrémité sud-est du pays, nous vaudra quelques douleurs à cause de la selle mais aussi des découvertes éblouissantes, dont l’abbaye de Saint-Gall et sa bibliothèque baroque, le pays d’Appenzell aux tons vert pomme et la nature farouche des Grisons. Tous ces moments comptent parmi les plus forts de ce circuit, au même titre que l’Hôtel Meisser à Guarda, qui est sans doute le plus beau de tous les villages de montagne suisses.

Mais que serait la Suisse sans le Tessin ? Le canton le plus ensoleillé et qui offre la meilleure nourriture (c’est-à-dire la plus économique) s’apparente à une destination de vacances méridionale, sur les bords exotiques du lac Majeur. Un petit coin d’Italie qui réchauffe le cœur (et les papilles). Pasta e basta, no ?

L’avant-dernière étape nous emmène du point le plus bas du Grand Tour (la surface du lac Majeur se trouve à 193 mètres au-dessus du niveau de la mer) au point le plus élevé (le col de la Furka, à 2 431 mètres d’altitude). Après Bellinzone, chef-lieu du Tessin, et ses trois châteaux en enfilade, le paysage se fait nettement plus sauvage… Tout comme la météo sur le Gothard et la Furka. À l’Hôtel des Alpes à Fiesch, nous savons clairement pourquoi nous sommes venus.

Avant de terminer ce périple enchanteur, nous voulons revoir encore une fois le spectacle des Alpes. En levant les yeux, nous apercevons par les hublots du téléphérique le célèbre mont Cervin, celui-là même qui orne les paquets de Toblerone. Moins d’une demi-heure plus tard, nous nous tenons, muets d’admiration, sur l’Eggishorn. Sous nos yeux, le spectaculaire glacier d’Aletsch serpente sur 23 kilomètres, sous le regard bienveillant de quelques-uns des plus beaux sommets des Alpes. Un lieu magique qui remet en perspective la place de l’homme face à la nature.

C’est aussi le début de la fin, car nous redescendons rapidement vers Montreux et Lausanne en empruntant la large vallée du Rhône. Nous pouvons déjà commencer à savourer nos souvenirs sur le chemin du retour. Une chose est sûre : après ce Grand Tour de Suisse, vous serez définitivement #amoureuxdelaSuisse !

Texte et photos : Kris Van der Stockt

 

Pour en savoir plus

www.MySwitzerland.com/grandtour

www.basel.com

www.neuchateltourisme.ch

www.la-gruyere.ch

www.jungfrauregion.ch

www.interlaken.ch

www.luzern.com

www.stgallen-bodensee.ch

www.engadin.com

www.ticino.ch

www.aletscharena.ch

www.lausanne-tourisme.ch

 

Hébergements

 www.gaiahotel.ch

www.beaulac.ch

www.alpina-grindelwald.ch

www.brienzerburli.ch

www.flora-hotel.ch

http://www.rueedi-ferien.ch

http://www.hotel-meisser.ch

www.hotel-luna.ch

www.des-alpes.ch

www.carltonlausanne.com

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