L’Oise… à l’aise

Dotée de couple à revendre, l’allroad bavaroise n’a aucune difficulté à sillonner tranquillement les petites routes de l’Oise. Ancien domaine royal de la couronne de France, ce département bénéficie de nombreux attraits, surtout dans le sud. Abbayes, châteaux et cathédrales, mais aussi petites villes et villages où il fait bon déambuler après l’effervescence estivale. Nous chargeons les valises Vario de la BMW et mettons le cap vers une destination 100 % France.

Loin de l’effervescence (parisienne)

Les Parisiens désireux d’échapper à l’agitation de la ville trouvent dans l’Oise une oasis de verdure. Il est vrai qu’un quart du département se compose de forêts et que les parcs et jardins ne manquent pas. Qu’y a-t-il de plus agréable qu’un début de journée ensoleillé dans un jardin aux mille senteurs ? Nous faisons donc escale dans la ville méconnue d’Herchies. Cet endroit où la guerre n’avait jadis laissé que des maisons calcinées en ruine abrite aujourd’hui le Jardin du Brule. Il semblerait que le jardinier a un faible pour les roses (la variété aux tons orangés évoque les flammes des bombardements)… et les tomates (il y en a pas moins de 50 sortes !).

La Seconde Guerre mondiale a aussi fait rage dans la capitale de l’Oise. Si deux tiers de la ville de Beauvais sont tombés en ruine, sa cathédrale gothique, elle, a été préservée. Bien qu’inachevée, elle bat un record du monde grâce à son chœur de pratiquement 50 mètres de hauteur. Cela vaut bien une photo devant la valeureuse porte fortifiée qui mène au palais épiscopal. Vestiges de muraille romaine, églises romanes et statue de Jeanne Hachette qui, hache à la main, a repoussé les assaillants bourguignons… L’appareil photo n’est pas près de retourner dans notre poche.    

Par contre, il n’en sortira pas à Creil, ville marquée par la Révolution industrielle. L’avènement du rail et la proximité de Paris y ont en effet favorisé l’apparition d’usines et de logements ouvriers. L’âge d’or du 19e siècle transparaît dans toute sa splendeur à la Clouterie Rivierre. Une visite guidée de la dernière usine de clous forgés d’Europe vous plonge parmi les machines noires de suie des premières années d’exploitation, quand elle employait encore une centaine de travailleurs. Ils ne sont plus qu’une poignée aujourd’hui, mais les affaires continuent de bien tourner. Les commandes affluent des quatre coins du monde, depuis les amateurs de modélisme jusqu’aux marques de luxe.   

La crème des châteaux 

Autre témoin du 19e siècle, le château de Chantilly se dresse sur l’autre rive plus fortunée de l’Oise. À l’exception du « petit château » et des grandes écuries, la Révolution française n’en a pas épargné grand-chose. Le duc d’Aumale, fils du dernier roi-citoyen Louis-Philippe, l’a rebâti pour lui rendre sa superbe d’antan. Mais c’est surtout sous le Grand Condé, célèbre général de Louis XIV, que le domaine a connu ses heures de gloire. Selon la légende, c’est à cette époque que le cuisinier du château, tombant à court d’ingrédients pour un banquet donné en l’honneur du roi Soleil, aurait fouetté la crème avec de la vanille pour lui donner plus de volume ! 

Avant de déguster la seule véritable crème Chantilly dans un coin bucolique du parc, nous nous émerveillons devant la galerie de peintures et la bibliothèque du duc. La collection de maîtres italiens est la plus importante du pays après le Louvre et celle de manuscrits n’est surpassée que par la Bibliothèque nationale. Connu pour ses enluminures exceptionnelles, l’ouvrage « Les Très Riches Heures du duc de Berry » n’est hélas visible que sous la forme de copie. 

Les pierres de Paris

Dix minutes de route seulement séparent la capitale du monde hippique de la capitale de la pierre. Il y a plus de 2 000 ans, les carrières de calcaire de Saint-Maximin ont fourni les pierres qui ont bâti Paris. La Ville Lumière n’aurait pas les mêmes tons sans les pierres calcaires de couleur crème des bords de l’Oise. C’est en tout cas ce qu’on nous dit à la Maison de la Pierre, où l’on apprend aussi tout ce qu’il faut savoir sur la culture de champignons de Paris dans les carrières. Les enfants et même les robustes motards peuvent y suivre une initiation à la sculpture sur pierre. Par respect pour ma chère France, je cisèle en très peu de temps un lys royal dans la tendre pierre calcaire !

Les fleurs de lys foisonnent à Senlis, et pas seulement au plafond de la plus petite cathédrale de France. La petite ville gallo-romaine, surtout prospère aux 12e et 13e siècles, fut ensuite durement frappée par la peste et la guerre, mais les siècles suivants n’ont eu que peu de prise sur elle. Il n’est donc guère étonnant que plus d’une centaine de films et documentaires y aient été tournés.   

L’abbaye royale de Chaalis, ou du moins ce qu’il en reste, a été construite dans les mêmes pierres que Paris. Les ruines de l’abbaye cistercienne sont toujours très impressionnantes, de même que le plafond Renaissance de la chapelle gothique et les incomparables collections du musée Jacquemart-André dans le château contigu. Des milliers d’objets y ont tenu compagnie à l’artiste Nélie Jacquemart après le décès de son mari. En 1912, elle a légué tous ses biens et possessions au célèbre Institut de France. Une bénédiction pour l’amateur d’art, car tout y a été conservé dans l’état où elle l’a désiré.

Du domaine de Chaalis à celui d’Ermenonville, l’imposant moteur boxer-twin a à peine le temps de chauffer. Il nous faut toutefois à nouveau arrêter notre BM, car c’est ici que l’illustre Jean-Jacques Rousseau a vécu les semaines les plus heureuses de sa vie, qui furent aussi hélas les dernières. Le château reconverti en hôtel quatre étoiles n’est pas dans nos moyens et le Parc Rousseau où le philosophe des Lumières a fait son ultime retour à la nature le 2 juin 1778 est fermé au public pour une durée indéterminée. 

Par contre, le château de Versigny nous accueille à bras ouverts. Les visiteurs y sont autorisés au compte-gouttes, car il est toujours habité. La sobre façade arrière de style classique forme un bel ensemble avec le parc, qui fut aménagé par le grand paysagiste André Le Nôtre. Son surnom de « petit Versailles » est peut-être un peu exagéré, mais une restauration soignée devrait rendre leur éclat à toutes les pièces du château.  

Heureux comme un roi au Pays de Valois

Crépy-en-Valois nous plonge clairement en Pays de Valois. Située dans le sud-est de l’Oise, cette région historique est liée à tout jamais à la couronne française. Pendant plus de deux siècles, la Maison de Valois a assis treize rois sur le trône de France. Bien que Paris lui fasse de l’ombre, son cachet champêtre est particulièrement bien conservé. La GS en ronronne d’enthousiasme.

Même à Crépy-en-Valois, petite capitale historique du Valois, la vie se déroule à un rythme qui lui est propre. Tout comme la ville voisine de Senlis, elle a connu ses heures de gloire aux 12e et 13e siècles. Ici aussi s’opère un véritable retour dans le temps, surtout sur la Place Gambetta ourlée d’anciennes maisons de pierres et dans le château des comtes de Valois. Ce dernier abrite aujourd’hui le Musée de l’Archerie et du Valois (à conseiller !), où quelques précieuses statues et sculptures des églises du Valois sont conservées.

Quand l’Oise vous émerveille

De petites églises romanes se sont érigées à un rythme impressionnant au 12e siècle. On dit que la Vallée de l’Automne compte pas moins de 35 clochers ; 35, c’est aussi le nombre de kilomètres que doit parcourir le petit affluent riche en truites pour atteindre l’Oise en traversant le pays de Valois. Le parcours idéal pour une petite balade décontractée d’une après-midi, non sans avoir visité le manoir du Plessis au Bois !

Tant le château de Pierrefonds que celui de Compiègne respirent la grandeur impériale. C’est Bonaparte lui-même qui a acheté les vestiges du premier pour une bagatelle, avant que son neveu Napoléon III ne le fasse restaurer dans un style digne de Disney par son architecte favori. Si ce château de conte de fées fut à peine habité, Compiègne et sa forêt grouillant de vie sauvage eurent dès le début la préférence des puissants. Louis XV, mais aussi Napoléon III et son épouse Eugénie, y séjournaient volontiers. Contrairement à Pierrefonds, toutes les pièces y sont richement meublées et décorées. Les jardins y sont aussi un régal pour les yeux et s’harmonisent parfaitement avec la forêt de Compiègne. Y déambuler sous le soleil automnal est un pur plaisir !

À première vue, Noyon n’est pas aussi royale. Notre dernière étape dans le département de l’Oise commence dans une ambiance grise et maussade après une sérieuse averse. Rues désertes et restaurants fermés ne nous aident pas dans ce qui se transforme rapidement en quête affamée. Fête foraine et kebab viennent finalement à notre secours. Apprendre que Charlemagne fut sacré Roi des Francs à l’endroit où se dresse aujourd’hui l’une des plus vieilles cathédrales de France réveille notre enthousiasme. Nous imaginons même Calvin se promener jusqu’à la Bibliothèque du Chapitre de sa ville natale ! Alors que le soir tombe, la riche histoire de France nous apparaît sous son plus beau jour. Encore une profonde inspiration, car demain, l’agitation de la vie quotidienne reprend son cours…

Plus d’infos

www.oisetourisme.com

www.rendezvousenfrance.be

Où séjourner

www.au2-maisondhotes.com

www.fermecanardiere.fr

www.launettecottage.fr

www.lacabaneauxloups.com

www.chambre-rocquemont.fr

www.hotel-lecedre.com

 

 

Texte : Kris Van der Stockt

Photos : Anja Botte & Kris Van der Stockt

 

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